english classics

Et un premier ouvrage lu dans le cadre du challenge English Classic !!  Il faut dire que j'ai commencé "soft" en empruntant à la bibliothèque Le Fantôme de Canterville (et autres contes) d'Oscar Wilde.
D'Oscar Wilde je connaissais déjà , et depuis fort longtemps, puisque je l'ai lu alors que j'étais au lycée, Le Portrait de Dorian Gray, (d'ailleurs j'attends avec impatience le film avec Colin Firth, mais je m'égare ...) J'avais alors adoré le côté fantastique de l'histoire de cet homme, qui garde une jeunesse éternelle tout en commettant les pires turpitudes, pendant que son portrait "encaisse" toutes les marques du temps et de ses folies...

Avec le Fantôme de Canterville le fantastique n'est plus qu'une base, sur laquelle Wilde va écrire un conte (avec un dénouement moral, si si ...) de facture humoristique. Mr Otis, un milliardaire américain, achète un château en Angleterre pour venir y loger avec toute sa famille. Lorsque le propriétaire, Lord Canterville, lui confesse que le manoir est hanté, Mr Otis n'est nullement effrayé, mais le considère comme une curiosité. Au demeurant il n'y croit pas trop...
La famille, Mrs Otis, leur fils aîné, Washington, leur fille Virginia et les jumeaux s'installent donc au château, où très vite le fantôme va faire son apparition, la nuit comme de coutume. Mais la famille Otis est une famille américaine pur jus (et là Wilde se déchaîne sur les spécificités des américains de l'époque avec un plaisir rempli d'ironie) et pragmatique. Mr Otis va proposer au fantôme de l'huile pour graisser ses chaines, qui sont trop bruyantes, les jumeaux vont en faire leur souffre-douleur et Mrs Otis tente tous les produits ménagers possibles pour oter cette tâche de sang vieille de trois siècles.
Seule Virginia aura pitié du fantôme, qu'elle voit comme un être qui souffre et qu'il faut aider à rejoindre l'au-delà pour son apaisement.

J'ai beaucoup aimé le passage où le fantôme décrit à Virginia ce à quoi il aspire.

" Pauvre, pauvre fantôme, murmura-t-elle ; n'avez-vous nul endroit où vous puissiez dormir ?
- Au loin, là-bas, au-delà des bois de pins, répondit-il, d'une voix lente et rêveuse, il y a un petit jardin. L'herbe y croît, longue et drue ; il y a là les grosses étoiles blanches de la fleur de ciguë, et le rossignol y chante toute la nuit. Toute la nuit, il chante, et la lune froide, pareille à un globe de cristal, penche ses regards sur ce jardin ; et l'if étend ses bras géants au-dessus des dormeurs."
Les yeux de Virginia s'embuèrent de larmes, et elle se cacha la tête dans les mains..
"Vous voulez dire le Jardin de la Mort, chuchota-t-elle.
- Oui, la Mort. Comme la Mort doit être belle ! Reposer dans la terre molle et brune, tandis que les herbes vous ondulent au-dessus de la tête, et écouter le silence... N'avoir pas d'hier, et pas de demain... Oublier le temps, oublier la vie, être en paix..."

Dans le même recueil se trouve Le Crime de Lord Arthur Savile. Tout va bien pour Lord Arthur. Il est jeune, beau, riche et va épouser Sybil, la femme qu'il aime. Mais lors d'un dîner mondain, il fait la connaissance d'un chiromancien, qui lisant les lignes de sa main, lui annonce qu'il va commettre un crime effroyable. Lord Arthur est bouleversé : son mariage est compromis. Il décide alors de se débarrasser de ce fardeau, en commettant son crime le plus rapidement possible et ensuite épouser l'esprit tranquille sa promise... Un petit chef-d'oeuvre d'humour anglais, rempli de piques, comme Wilde adorait en faire.

Deux très courtes nouvelles pour terminer ce recueil : Le Millionnaire modèle, même si on se doute rapidement de la chute, l'historiette (4 pages) contée par Wilde est originale et Le Sphinx sans secret, (4 pages aussi) beaucoup plus amère, sur la jalousie des hommes et l'ennui des femmes. J'y ai retrouvé une citation que je connaissais, mais dont j'ignorais la provenance "les femmes sont faites pour être aimées, et non pour être comprises"....

Un recueil agréable à lire, qui ressemble un peu à une conversation de salon au début du siècle dernier (oui le 20ème ^^). Un bon point de départ pour découvrir le style, tout en ironie et en finesse de Wilde, mais qui ne vaut pas ses oeuvres plus longues...

canterville