oscar

Dans le cadre du Challenge "Oscar du 160 ème" organisé par Cryssilda, j'ai lu deux contes extraits du recueil Une maison de grenades.
Ces deux contes ont en commun de mettre en scène des enfants d'une extrême cruauté.

infante

L'Anniversaire de l'infante, qui donne son titre au recueil, nous entraîne dans une Espagne où règne un roi misérable, qui ressemble fort à celui de Peau d'âne : il a perdu sa reine, une française, morte six mois après la naissance de leur fille. Le roi, fou de chagrin, l'a fait embaumer et passe régulièrement son temps auprès d'elle.

Aujourd'hui l'Infante fête son douzième anniversaire, et ce jour là, le roi lui autorise tous ses caprices. Des spectacles sont organisés, course de taureau, musiques gitanes, danses et marionnettes... mais ce qui a le plus amusé la petite princesse, fut la danse malhabile d'un enfant difforme vendu par son père pour amuser la Cour. La Princesse, par jeu, lui lance une rose blanche et demande à son père de revoir ce garçon si drôle.

Le jeune nain, qui ne connaît pas sa difformité, prend l'affaire très au sérieux, s'imagine partir avec la princesse pour aller vivre dans sa cabane dans la forêt. "...il y avait dans la forêt bien des choses à voir, et quand elle serait fatiguée il lui trouverait un doux banc de mousse, ou bien il la porterait dans ses bras car il était très fort, même s'il se savait de petite taille. Pour elle il fabriquerait un collier de baies rouges de bryone qui seraient aussi belles que les baies blanches qu'elle portait sur sa robe, et quand elle en serait lasse elle les jetterait et il lui en trouverait d'autres. Il lui apporterait des cupules de glands, des anémones trempées de rosée et des petits vers luisants qui seraient des étoiles parmi l'or pâle de ses cheveux."

Et l'enfant pénètre dans le Palais à la recherche de sa princesse... jusqu'au moment où il découvre son reflet dans le miroir...

 

L'Enfant de l'Etoile, se situe dans la lignée du Petit Poucet et autres histoires d'enfant perdus ou trouvés.

En plein hiver deux pauvres bucherons rentrent à travers la forêt gelée. Une étoile filante apparaît soudain dans le ciel et disparait derrière une bergerie. Les deux hommes se précipitent, pensant trouver un trèsor, mais il n'y a qu'une couverture étoilée qui enveloppe un enfant endormi. Les bergers sont pauvres et ont déjà des enfants à nourrir, malgré tout l'un des deux le prend en pitié et le ramène chez lui. L'enfant grandit, devient un superbe garçon orgueilleux, cruel et égoïste. Un jour une misérable mendiante le reconnaît pour son fils perdu. L'enfant renie sa mère et retourne auprès de ses compagnons de jeu. Mais sa méchanceté se lit maintenant sur son visage et chacun le repousse...

 Dans ces deux contes on rencontre des enfants cruels, que ce soit l'infante, qui considère le jeune nain comme son jouet et ne comprend pas qu'il puisse avoir "le coeur brisé" ou l'Enfant qui s'imaginait fils d'une étoile et qui se moque de tout ce qui est laid et misérable, les animaux comme les humains. Lorsqu'il va comprendre sa faute, il partira à la recherche de sa mère. Comme dans la plupart des contes, il lui faudra entreprendre un voyage initiatique, passer des épreuves avant de retrouver sa place dans la société.
De facture très classique, ces deux récits sont en fait tout à fait parodiques et leur chutes vont à l'encontre du happy end habituel...

J'aime décidément l'ironie de notre cher Oscar... et pour finir, une citation "Experience is the name we all give to our mistakes."