couleur lait

La Couleur du lait est la première oeuvre de Nell Leyshon a être traduite en français.

Bien que d'une écriture très simple, puisqu'il est rédigé à la première personne par l'héroïne Mary, une jeune paysanne anglaise de 1830, ce récit est très poignant. Mary est une jeune fille de quinze ans, la dernière de quatre filles. Née avec une jambe déformée et les cheveux "couleur du lait", elle n'a pas sa langue dans sa poche et n'hésite pas à dire ce qu'elle ressent et qui lui semble étrange.

Pour elle, qui ne sait ni lire, ni écrire, la vie est une succession de moment. Le lever, la traîte de la vache, la préparation du petit-déjeûner, puis le travail aux champs, jusqu'à la tombée de la nuit. Ses seuls moments de détente sont pour aller voir le grand-père, cantonné dans la reserre à pommes, depuis qu'il ne peut plus bouger ses jambes à la suite d'une chute. C'est un peu son confident.

Un jour son père l'envoie travailler chez le pasteur, pour s'occuper de son épouse très malade. Mary a beaucoup de mal à s'adapter à cette nouvelle vie. Elle va découvrir des pièces qui n'existent pas à la ferme : salle à manger, boudoir, mais aussi qu'on met des draps et des oreillers dans un lit...

Elle s'échappe plusieurs fois, mais son père la menace et, contrainte et forcée, elle retourne vivre chez le pasteur. Lorsque sa femme  meurt, à la suite du départ de son fils pour l'université, les choses vont aller très vite : la vieille servante va être renvoyée et Mary va se retrouver seule avec le pasteur qui lui apprendra à lire et à écrire et la mettra dans son lit.

Là encore Mary va subir, jusqu'au jour où elle est capable de lire seule et va commettre l'irréparable...

Ce court récit m'a touchée, car il décrit bien la condition féminine et paysanne, dans un passé pas si lointain, et prouve que l'enseignement est la première étape vers l'émancipation...

Titine a aussi lu cet ouvrage.