whitechapel

Quand je vois sur un livre (ou son dos) les mots "Jack l'éventreur" ou "Whitechapel" , c'est plus fort que moi, il me le faut !! Et l'avantage de travailler en bibliothèque, c'est de pouvoir acheter les nouveautés sur le sujet sans remords, puisque je ne serai pas la seule à en profiter (les romans policiers sortent très très bien en BM).

Ici l'auteur, Sarah Pinborough, a ajouté à l'horreur des meurtres de Jack l'éventreur, avec des crimes supplémentaires. En marge des victimes de Jack, le médecin légiste Bond (non pas James, Thomas !) découvre des morceaux de corps de femmes, bien enveloppés dans des linges.

Bond, qui passe ses nuits dans les fumeries d'opium, y rencontre un soir un mystérieux homme en noir, qui lui semble en rapport avec l'affaire. Avec son aide et celle de Aaron Kosminski, un coiffeur de Whitechapel un temps soupçonné par la police, il découvrira, sous l'emprise de la drogue,  que le meurtrier est possédé par un monstre, un Upir, une sorte de vampire polonais, qui s'accroche au dos de sa victime et se sert de lui pour tuer et se nourrir.

Le roman utilise l'affaire de Jack l'éventreur pour donner un cadre bien sombre  à l'histoire, mais très vite les recherches du docteur s'orientent sur cette autre affaire et il laisse la police s'occuper des autres cadavres. Le côté tourmenté du personnage lui permet de se trouver dans des lieux improbables, Whitechapel, les fumeries, les berges de la Tamise de nuit et ajoute un aspect glauque au récit.

J'avoue avoir été particulièrement marquée par la description de l'Upir, accroché à son hôte et l'image me hantera longtemps : Le jeune homme qui porte le monstre est à table et mange de la viande, dont un peu de sang dégouline le long de sa bouche...

" Une langue noire chargée d'une odeur de putréfaction vint s'enrouler autour du cou du jeune homme comme pour le garrotter, avant de se retirer l'instant d'après, emportant un filet de sang dans le mouvement. Une odeur d'eau stagnante, épaisse et nauséabonde, m'assaillit, emplissant mon nez et ma gorge, au point de me donner des haut-le-coeur. [...] Des serres noires agrippaient le jeune homme, tandis que la créature observait à la ronde depuis l'arrière de son cou. [...] La tête s'agita légèrement et la langue noire fouetta l'air comme pour attraper une mouche invisible. Puis elle siffla et je sentis un postillon vénéneux atterir sur ma peau. L'atroce odeur m'assaillit de nouveau. La bile me remonta dans la gorge et je serrai les dents pour ne pas vomir."

A ranger au rayon littérature fantastique donc...