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Après avoir visionné la version de Jane Eyre de 1944, j'ai fait un saut dans le temps et revu le film de Zeffirelli de 1996, avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle de Jane. Vraiment meilleure dans ce rôle que Joan Fontaine. Elle a un visage un peu ingrat, menton un peu fort et sans maquillage, qui fait qu'elle est tout à fait crédible quand elle se regarde dans la glace et se compare avec Blanche Ingram (Elle Macpherson quand même...) C'est vraiment elle qui tient le film de bout en bout...

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Dans le rôle de Jane enfant, Anna Paquin, oui la Sookie de True Blood... Elle est parfaite, juste révoltée comme il faut et soumise à son destin. 

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Rochester est joué par William Hurt. Là j'ai eu beaucoup plus de mal à l'accepter. Il n'est pratiquement jamais arrogant, comme l'était Orson Welles. Il n'a pas non plus le côté effrayant à la première rencontre. Je l'ai juste trouvé un peu lourd lors de la réception ... Bref ce n'est pas mon Rochester préféré.

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 Quant à l'histoire, de la même manière que le film de 1944, l'enfance de Jane est très raccourcie et se résume à l'épisode de la chambre rouge et de son départ de la maison de Mrs Reed (Fiona Shaw, Petunia Dursley ). Heureusement il y a toujours la réplique que j'adore, lorsqu'on lui demande ce qu'il faut faire pour ne pas aller en Enfer "Rester en bonne santé et ne jamais mourir"...

Puis c'est le pensionnat, là encore de grandes coupes ont été faites dans le récit : il reste l'histoire de la chaise, des cheveux coupés et de la mort de son amie Helen Burns. Les raisons de son départ ne sont pas abordées, elle part directement pour Thornfield pour éduquer la jeune Adèle.

Peu de références à la passion de Jane pour la lecture, mais par contre le film insiste à plusieurs reprises sur son don pour le dessin. La rencontre avec Rochester est à mon goût un peu bâclée. Jane part faire "une promenade" et croise un cavalier et un chien. Le cavalier se retourne pour la regarder et on a l'impresion que son cheval tombe tout seul !! Rochester n'est pas agressif, se contente de poser des questions et demande de l'aide pour remonter à cheval. 

La montée des sentiments entre Jane et Rochester est beaucoup moins sensible à mon goût que dans le film précédent. On ressent plus de l'indifférence de la part de Rochester et un peu d'admiration de la part de Jane. L'atmosphère est moins tourmentée. Même l'épisode de l'incendie semble à peine dramatique.

La femme de Rochester met le feu à la maison, alors que la voiture qui emporte Jane, après la révélation du secret de Rochester, est à peine partie. Jane erre un peu avant d'être recueillie par les Rivers, chez qui elle reste quelque temps. Assez longtemps pour que son cousin la demande en mariage. 

L'épisode où Jane entend une voix l'appeler, traitée de manière fantastique et dramatique dans le film de Stevenson, est ici totalement raté. A peine un souffle de vent entre les branches d'arbre, un rayon de soleil entre les branches, bref rien de surnaturel.

Et là encore une fin rapide, Jane retourne à Thornfield, qui n'a pas brûlé complétement et où Rochester demeure encore. Happy end.

 

J'ai beaucoup aimé l'interprétation très sensible de Charlotte Gainsbourg, les décors sont plutôt bien rendus, la maison de Mrs Reed, le pensionnat, Thornfield et la plupart des acteurs sont très bons, mais je n'ai pas ressenti les émotions qu'on aurait pu attendre. Un film peut être un peu trop lisse...