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Troisième adaptation de Jane Eyre visionnée dans le cadre du Challenge Brontë. L'adaptation de 2011 a comme originalité de démarrer après l'épisode du mariage raté, au moment où Jane s'enfuit. Soit le dernier tiers du roman. Jane est recueilli dans la famille Rivers, chez qui elle va demeurer une année. Cet épisode est la plupart du temps très peu développé, voire carrément zappé, dans les adaptations.

C'est donc intéressant qu'ici il serve de scène de départ, à partir duquel des flash back nous raconteront peu à peu l'histoire de celle qui se présente comme Jane Elliott. Nous retrouvons alors les scènes "obligées" de l'enfance de Jane. Chez Mrs Reeds tout d'abord avec l'épisode de la chambre rouge et celle de la présentation au directeur du pensionnat. A noter qu'apparaît ici un détail, présent dans le roman, mais pas dans les autres versions, le livre que regarde Jane, avec les gravures d'oiseaux par Audubon.

Puis le pensionnat, la chaise sur laquelle elle est punie, et doit rester debout toute une journée. son amitié avec Helen Burns, le moment très  touchant de sa mort et son départ. On comprend que Jane y est devenue professeur lorsque les élèves lui disent adieu.

Comme dans les autres versions, la partie la plus développée est celle où Jane est préceptrice à Thornfield. 

Mia Wasikowska nous propose une Jane Eyre douce et un peu effacée, mais qui n'hésite pas à répondre franchement et à défendre sa réputation. 

Michael Fassbender est un peu trop beau pour le rôle, mais son interprétation en fait un Rochester tout à fait crédible. Il n'est pas effrayant physiquement, comme l'était Orson Welles, mais cynique, désabusé, méprisant par moment. On sent ses sentiments pour Jane changer doucement, mais comme il est (très) maladroit, il est difficile d'y croire. A part les moments de joie et de complicité avec Jane juste avant le mariage, c'est un personnage torturé et hanté par son passé.

Les décors et paysages sont superbes. Au départ je pensais que le réalisateur avait choisi un parti pris romantique. On pourrait presque croire à une adaptation d'un roman de Jane Austen (que Charlotte Brontë n'appréciait pas tellement), puis par instant, les scènes de nuit à Thornfield font penser à un film d'épouvante, avec les lumières vacillantes des bougies, le souffle du vent, d'étranges sifflements... Ce qui donne un côté un peu bâtard au film. Je trouve que la présence de la première femme de Rochester est peu perceptible. A part l'histoire racontée par Adèle, une femme qui hante les couloirs et suce le sang la nuit, on n'entend pas ou peu de bruits de pas, de rire hystérique. Même l'épisode du feu dans la chambre de Rochester est à peine mystérieux...

Malgré ces quelques petits défauts, j'ai plutôt bien aimé cette adaptation. Mia Wasikowska m'a fait penser  à Anne Brontë dans le film d'André Téchiné Les Soeurs Brontë. Physiquement, mais aussi par sa façon de s'exprimer, en douceur, mais ferme cependant.

 

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