Mademoiselle-Else Deuxième lecture du Challenge des 100.

Après La Robe, "pour rester dans l'ambiance viennoise".

Je connaissais Arthur Schnitzler par le film La Ronde tiré de sa pièce de théâtre. J'avais également visionné Eyes Wide Shut que je n'avais pas particulièrement aimé. Et j'avais entendu parler de Mademoiselle Else, sans lire le texte. C'est chose faite dans le cadre de mon Challenge des 100 !

Tout d'abord un élément qui m'a mis de mauvaise humeur, la préface qui est fort intéressante mais a la mauvaise idée de raconter entièrement l'histoire, fin comprise. Il n'y a donc plus aucun suspense et il aurait fallu la reléguer en fin d'ouvrage comme postface !

La particularité de ce texte est la forme de sa narration. L'histoire est un long monologue de mademoiselle Else elle même. Jeune fille de dix-neuf ans, fille d'un célèbre avaocat viennois, en villégiature, avec sa tante et son cousin, dans les montagnes italiennes. Else semble heureuse, elle est jolie, s'éveille à l'amour et au désir. Mais son père s'endette régulièrement et Else doit se contenter du minimum. 

Ce jour-là Else revient d'une partie de tenis, lorsque le réceptionniste lui remet un télégramme de sa mère. Son père doit trente mille gulden (ou florins) et s'il ne rembourse pas le lendemain il sera emprisonné. Comme par hasard un certain von Dorsday, marchand d'art et "ami" de la famille se trouve dans le même hôtel. Il suffirait qu'Else lui demande un virement de cette somme pour que son père soit sauvé !

Mademoiselle Else est très gênée par cette demande. D'une part elle aime son père et ferait tout pour le sauver, mais Dorsday la regarde de façon si appuyée qu'elle n'a aucune envie d'implorer sa pitié. D'autant que lorsqu'elle finit par lui en parler, il lui propose un marché. Elle devra se déshabiller devant lui  pour gagner cette somme.D'abord choquée, elle refuse, puis cherche d'autres solutions. 

J'ai beaucoup aimé cette description du dilemne intérieur qui se joue dans la tête de la jeune fille. Elle se rend compte qu'elle n'est qu'une marchandise, que ses parents l'utilisent sans se poser de questions sur la honte générée par cette demande, de la même façon qu'ils la marierait sans lui demander son avis. Le carcan de pudeur et de bienséance généré par son éducation se fissure lentement. Schnitzler a parfaitement réussi à se mettre dans la peau d'une jeune fille viennoise qui s'éveille au désir et à la sexualité.

Prochain ouvage Premier Amour d'Ivan Tourgueniev...