William (2023)
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J'ai profité du Challenge A Spring with Shakespeare , organisé par la Lectrice en robe jaune, pour lire un roman de Stéphanie Hochet que j'avais repéré lors de sa sortie. Je ne connaissais pas l'auteure, mais elle était invitée pour parler de ce roman lors du Festival Shakespeare d'avril à Vincennes.
Plusieurs zones d'ombre dans la biographie de Shakespeare font le bonheur des romanciers. C'était déjà le cas pour l'histoire d'Hamnet, que j'avais lu et adoré lors d'une précédente édition. Ici l'auteure raconte le moment où le futur dramaturge quitte sa famille pour rejoindre la troupe itinérante des Comédiens de la Reine. Il laisse derrière lui son épouse, Anne Hataway, avec laquelle il a eu trois enfants : Susanna, l'aînée et les jumeaux Judith et Hamnet.
Je ne m'attendais pas à ce que l'auteure profite de ce récit pour y mêler son histoire familiale. A plusieurs reprises, elle imagine les sentiments et ressentiments du jeune William et les compare avec des épisodes de sa propre vie. Elle entremêle ainsi l'histoire de Richard Burbage, comédien vedette de la troupe, avec celle du roi Richard IIII, assassin de ses neveux et celle de son oncle, un homme brutal, intransigeant et violent, qu'elle accuse d'être la cause du suicide de son propre fils.
J'ai trouvé le procédé plutôt étrange. Son histoire personnelle semble se dissoudre dans celle de William et n'est pas mentionnée sur la quatrième de couverture. Comme si, loin de mettre en avant ce secret de famille et le rendre public, comme ont pu le faire Vanessa Springora, Camille Kouchner ou Neige Sinno, elle réservait cette dénonciation qu'aux seuls lecteurs du roman.
J'ai cependant trouvé intéressante l'analyse du caractère de Shakespeare et le récit imaginaire de ces années dont il ne reste aucune trace, en dehors de ses œuvres.
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