Hiver (2014)
/image%2F1205442%2F20260127%2Fob_5d21f3_hiver.jpg)
J'étais passée à côté de ce livre lors de sa sortie il y a dix ans et j'ai profité de sa réédition en poche pour l'acheter en novembre dernier. Je l'avais soigneusement mis de côté pour un futur week-end à Londres.
Il s'agit ici, comme indiqué sur le bandeau, du récit, romancé, du dernier amour de Thomas Hardy. Je connaissais surtout l'auteur par les adaptations cinématographiques de ses romans Jude, Tess d'Urberville et Loin de la foule déchaînée. J'ai retrouvé dans ce livre l'atmosphère des histoires de Thomas Hardy, la campagne anglaise à la fin du XIXème siècle, les rapports amoureux compliqués et souvent malheureux.
Le personnage principal est naturellement Thomas Hardy lui-même que le narrateur désigne par "le vieil homme". Il est alors âgé de quatre-vingt-quatre ans et vit, avec sa seconde épouse, Florence, dans sa maison du Dorset. De trente-neuf ans sa cadette, elle fut sa secrétaire avant d'entamer une liaison avec lui. Elle a bien connu Emma, sa première épouse, décédée il y a une dizaine d'années, dont l'ombre plane toujours sur la maison.
Cette année-là, la troupe de théâtre amateur du village va monter une adaptation théâtrale de Tess d'Urberville dont le rôle titre sera joué par Gertrude Bugler. Hardy découvre avec émerveillement que celle qu'il appelle affectueusement Gertie, est la fille d'une laitière, aperçue un jour de promenade et qui fut l'inspiratrice du personnage. Pour lui, c'est un signe du destin Gertie est Tess. Et il s'éprend de cette jeune femme, mariée et mère d'une toute petite fille. Ce n'est évidemment pas du goût de Florence, malade et délaissée, qui va tout tenter pour faire cesser cette amourette qu'elle estime ridicule.
J'ai beaucoup aimé ce roman, qui m'a fait découvrir la vie, pas toujours gaie, des épouses de Thomas Hardy. Christopher Nicholson laisse régulièrement la parole à Florence et Gertrude, qui racontent l'histoire à leur manière. Si la seconde épouse semble aigrie et jalouse, regrette de ne pas avoir eu d'enfant et dépérit dans cette maison sombre et sans confort, la jeune comédienne, au contraire, paraît heureuse, même si son quotidien n'est pas toujours facile à vivre.
J'ai maintenant très envie de découvrir l’œuvre de Thomas Hardy, en particulier La Bien aimée, qui répond aux lignes suivantes :
"...pour chaque homme, il existe un esprit féminin idéal quoique inaccessible, une créature instable qui ne réside pas en permanence dans une même forme, mais se déplace librement d"une femme à l'autre."