Je me suis laissée tenter par un livre qu'une collègue avait adoré et chaudement recommandé :  de Gundrun Eva Minervudottir.

Moi qui aime beaucoup les histoires qui ne se terminent pas sur une fin très nette, mais laissent la place à l'imagination et nous permettent d'imaginer une suite, j'ai été servie ! Ces vingt toutes petites histoires (de 2 à 4 pages), ne sont en fait que des petits fragments de vies, les personnages sont à peine définis, mais ils sont bien ancrés dans la vie islandaise. On imagine pour certains récits, que le personnage principal est le même que dans l'histoire précédente, sans en être certain, et puis finalement cela n'a aucune importance...
L'écriture est très simple, les actions minimalistes et quotidiennes, certaines histoires n'ont pas de chute, mais le tout rassemblé forme comme un patchwork très poétique et un peu surréaliste par instant.
Le titre de chaque nouvelle est en fait un extrait du texte lui même, si énigmatique qu'il donne envie de s'y plonger. Outre celle qui donne son titre au recueil, en voici quelques unes : Parce que je t'ai embrassé ce matin au moment où tu refermais la conscience derrière toi ; Tu rayonnes comme les personnages des images pieuses ; Pourquoi est-ce que les anges tombent du ciel, les ailes en flammes ? ; Pourquoi une larme brille-t-elle dans ton oeil au beurre noir qui a vu des villes en flammes, des flots de sang et la nudité d'un nombre incalculable de femmes ? ; Alors elle sortit un jeu de cartes de la poche de sa robe à fleurs ; Quand possède-t-on quelqu'un et quand ne le possède-t-on pas ?...
Cette dernière nouvelle étant ma préférée du recueil. A lire à petite dose, comme un recueil de poèmes, en laissant voguer son imagination ....

pendant-qu-il-te-regarde-tu-es-la-vierge-marie-