Lorsque je prévois une attente ou un trajet, je m'arrange pour avoir toujours un livre pas trop gros dans mon sac. Quelque fois il est si mince, qu'il ne suffit pas, comme lors de notre dernier trajet en Eurostar où j'avais épuisé la nouvelle de Edith Wharton Xingu avant d'arriver à Saint Prancras !

Dernièrement j'ai beaucoup fréquenté mon dentiste et du coup j'ai emporté Le Pigeon de Süskind, qui se trouvait dans ma bibliothèque depuis plusieurs années, sans que je me souvienne vraiment comment il y était arrivé. 89 pages, impeccable. 
Je dois confesser tout d'abord que je suis un peu phobique de tout ce qui a des ailes : papillons et oiseaux essentiellement.
Donc les pigeons.  Bien qu'ayant longtemps habité Paris, j'ai toujours une appréhension en pensant qu'un pigeon pourrait se poser sur moi. Bref.

Le héros de notre histoire, Jonathan Noël, est un provincial, "monté à Paris" depuis 30 ans. Il habite une petit chambre de bonne près de la banque où il est vigile. Un matin son train-train quotidien est bouleversé par un pigeon, qu'il trouve devant sa porte. Le pigeon le regarde et Jonathan "pète un cable".

Il s'imagine soudain ne plus pouvoir rentrer chez lui à cause du pigeon. Il prépare une valise avec toutes ses affaires, assuré de ne jamais plus revenir. Ce jour là tout va mal. Il fait un accroc à son pantalon, manque l'arrivée du patron de la banque, se voit déjà sans-abri ... Le midi il déjeûne sur un banc, le soir il dort à l'hôtel, songe même à se suicider...

Tout ça pour un pigeon !!  Süskind a tout à fait bien retranscrit l'imaginaire d'un phobique. Quand la peur dépasse la raison, elle nous pousse à faire n'importe quoi et surtout pas affronter sa phobie.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce petit livre, vite lu et qui fait réfléchir en montrant l'absurdité de la situation...

 

 

pigeon pigeon-livre