Sauf si vous habitez sur une autre planète, vous n'avez pas pu échapper aux manifestations en tous genres qui  commémorent cette année le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Comme le dit une collègue : "Mais quelle idée de célébrer le début de la guerre, il vaudrait mieux fêter la fin !"

A mon avis, on en a bien pour quatre ans à en entendre parler. Déjà il faut voir tous les bouquins récents qui sont sortis sur le thème (romans, mais aussi BD et livres pour la jeunesse). Bref à la bibliothèque où je travaille, on s'est aussi penché sur le sujet et je me suis retrouvée à rédiger une bibliographie sélective . Nous avons décidé, dans un premier temps, de nous limiter à la fiction (romans, films, BD, livres pour enfants, CD ). 

A cette occasion, j'ai dû aussi lire quelques ouvrages. En voici deux qui m'ont particulièrement touchée.

maudite guerre

Maudite soit la guerre est un album pour enfants signé Didier Daeninckx et PEF. Autant dire des pointures.

Didier Daeninckx est plus particulièrement connu pour ses romans policiers et les polémiques que suscitent régulièrement ses oeuvres qui dénoncent des événements souvent oubliés ou controversés (négationnisme, massacre des algériens à Paris en 1961, collaboration, désertion, charter de Maliens...).
Son roman policier Le Der de Der est dédié à son grand-père, anarchiste déserteur, fusillé pour l'exemple.

PEF est bien connu des enfants (et des parents) par ses illustrations d'albums, et essentiellement par son personnage Motordu.

L'album est inspiré par le monument aux morts de Gentioux dans la Creuse. 

Si certains monuments aux morts glorifient la guerre et les soldats morts pour leur Patrie, d’autres plus rares sont pacifistes. Ils déplorent la Guerre, comme celui de Gentioux : un orphelin qui de son poing tendu désigne la phrase gravée « Maudite soit la guerre ». Phrase qui revient souvent sur ces monuments. 

Erigé en 1922, l’inauguration officielle fut refusée par la Préfecture et ordre était donné aux soldats qui passaient devant avec leur régiment de détourner la tête.  En 2008 un millier de manifestants se sont retrouvés devant ce monument, pour demander la réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple. Tous les 11 novembre, depuis 1980, des militants pacifistes s'y réunissent et chantent La Chanson de Craonne (qu’on retrouve dans le film Un long dimanche de fiançailles)

Prenant prétexte de l’histoire de cet orphelin, dont la statue figure sur le Monument aux morts, les auteurs présentent aux enfants la vie quotidienne au Front et à l’intérieur, pendant la 1ère Guerre mondiale.

Fulbert Delorge a 11 ans en 1917. Quand l’instituteur propose aux enfants comme sujet de rédaction d’écrire une lettre à leur père qui se bat dans les tranchées. Pour certains enfants, dont le père est tombé au combat, c’est difficile. Fulbert, lui, décide d’aller porter lui-même sa lettre.

Il part très tôt le matin, fait 15 km à pieds jusqu’à la gare, prend le train jusqu’à Paris, d’où il reprend un train pour Soissons. Là, il trouve un militaire qui le prend dans son side-car pour le Chemin des Dames. Fulbert retrouvera son père, se fera copieusement disputer, puis rentrera chez lui.

En fin d’ouvrage, deux pages de documents et de photos (nombre de morts, destructions, pacifisme).

 

gentioux