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J'avoue que cela fait quelques années que j'avais repéré ce livre, à cause de son sujet : la dernière tournée d'un chauffeur de bibliobus au Québec. Et puis je n'avais pas eu le temps de le lire et je l'avais un peu oublié. 

 J'ai donc profité du Challenge Québec en novembre pour le sortir de son rayonnage... Disons-le tout net, sur le plan professionnel ce chauffeur de bibliobus (il ne se présente d'ailleurs jamais comme un bibliothécaire)  a abandonné toute notion de bibliothéconomie... Pas d'inscription, pas de système de prêt, pas de catalogue, peu de nouveautés ... Le ministère de la Culture lui fourni les livres et il sillonne les petits village de la côte nord pour les proposer au prêt.

Pas besoin de s'inscrire, ni de donner son nom, les lecteurs peuvent choisir un ou deux livres à l'intérieur d'un camion transformé par ses soins en bibliobus. Une fois lus, il leur suffira de les renvoyer au ministère. Quelque fois les livres sont empruntés par des touristes qui ne ne les rendent pas. Dans certains villages,  un petit groupe de lecteurs  se constitue en réseau, avec un responsable qui fait tourner le stock de livre jusqu'à la tournée suivante. Il peut conseiller, proposer ou aider au choix des livres, mais souvent il laisse les gens se servir sur les étagères. C'est un passeur d'histoires et de culture. Il aime parler de ses ouvrages et auteurs préférés.

La tournée d'été qu'il se prépare à démarrer sera sa dernière tournée. Il se trouve trop âgé, ne veut pas se voir vieillir. C'est donc avec beaucoup de nostalgie qu'il la prépare. Ce soir-là, à Québec, où il demeure, une petite troupe de saltimbanques français est venu se produire, mêlant chansons, jonglage et danse de corde. Il fait alors la connaissance de Marie, une femme de son âge, qui gère le groupe. Très vite, ils se sentent en affinité et Marie propose que la troupe, qui aimerait visiter un peu le pays avant de rentrer en Fance, le suive dans sa tournée. Peu à peu un sentiment plus fort les réunira.

J'ai aimé ce court roman, tout en délicatesse. L'histoire est intimiste. Le bibliobus est comme un cocon qui enveloppe les personnages tout en douceur. On découvre également les petits villages de la côte aux noms poétiques Rivière-au-Tonnerre, Havre-Saint-Pierre, Blanc-Sablon, Sept-ïles... Marie, qui peint des oiseaux, les fait découvrir à son compagnon de route. Je me suis sentie transportée hors du temps et très loin du quotidien pendant toute ma lecture. Une belle découverte.

Je lirais je pense d'autres roman de cet auteur.

 

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