petit-sapin-noelJe ne connaissais pas Stella Gibbons avant d'ouvrir Le Petit sapin de Noël et j'ai découvert un petit bijou de littérature britannique comme je les aime. Il s'agit d'un recueil de nouvelles qui dépeignent la bonne société anglaise entre les deux guerres. 

Les jeunes gens passent leur temps à s'amuser (ou à tenter de s'amuser) dans des soirées, flirtent et n'ont pas d'autres sources d'intérêts. Puis les couples se forment et les femmes restent à la maison, à attendre leur mari. La bonne et la nurse s'occupent de la maison et des enfants et elles se rendent alors compte de la vacuité de leur vie. 

Lorsqu'elles tentent de s'affranchir de cette vie étriquée, c'est pour s'apercevoir qu'elles ne sont plus ni jeunes ni compétentes pour se faire embaucher et que le mariage est comme un enclos fermé sur leur couple. Celles qui sont restées célibataires ne s'en sortent finalement pas mieux, puisqu'elles ne rêvent que de mariage ou regrettent un ancien amant.

Quant aux classes inférieures de la société, elles ne sont pas en reste en matière de préjugés et d'intolérance. Ainsi la mère d'une jeune fille, mère célibataire, estime qu'il n'est pas convenable que sa fille travaille comme bonne à tout faire chez une femme dont l'amant est mort à la guerre...

J’ai adoré l’esprit caustique et le regard critique et désabusé sur une société qui nous semble étrangère et désuète, mais dont la mentalité étriquée n’est hélas pas toujours si éloignée de notre époque… Un gros coup de coeur !